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Haiti : point de situation - 15/01/2010
Le terrible tremblement de terre de magnitude 7.0 sur l’échelle de Richter qui a frappé Haïti s’est produit mardi 12 janvier à 16h53 heure locale, à seulement quelques kilomètres des côtes d'Haïti, et a dévasté la partie ouest de l'île. L’épicentre de la secousse était situé à environ 15 km à l'ouest de la capitale haïtienne, Port-au-Prince, où vivent près de 2 millions de personnes.
De nombreuses victimes
Près de deux jours après le séisme, aucun bilan précis du nombre de victimes n’a encore pu être établi. La Croix-Rouge haïtienne estime que le séisme de mardi a fait entre 45 000 et 50 000 morts, ainsi que trois millions de blessés ou de sans-abri. Les survivants s'organisent à grand peine tandis que cimetières et morgues débordent.
Parmi les victimes se trouvent plusieurs membres du gouvernement haïtien, notamment le ministre de la justice et le ministre du tourisme. La ministre de la culture est encore portée disparue.
La mission des Nations unies en Haïti a elle aussi été durement touchée. Trente-six membres de l’organisation ont trouvé la mort selon les dernières informations rendues publiques jeudi par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et environ une centaine de personnes sont encore portée disparues.
Jeudi, l’Unesco n’avait aucune nouvelle des 14 membres de son personnel travaillant en Haïti.
Photo : le Monde
Une ville dévastée
Dans de très nombreuses rues, les gravats envahissent la chaussée, et les fils électriques pendent comme des lianes. Dans le centre de Port-au-Prince, il semble qu’un tiers des maisons, des boutiques ou des immeubles de bureau se soit effondré net. Presque tous les bâtiments d'un étage ou plus sont tombés. La plupart des ministères se sont effondrés, ainsi que le quartier général de la Mission des Nations Unies en Haïti.
Les moyens de transport sont rares. La capitale n'a plus ni bus, ni voiture et le prix de l'essence qui flambe rend la circulation plus difficile encore.
Même dans les quartiers moins touchés, les habitants dorment dehors, craignant l’effondrement de structures rendues précaires par les violentes secousses. Des fissures sont apparues sur de nombreuses constructions. Les grandes artères sont sillonnées par des camions équipés de haut-parleurs qui crachent des consignes : «Cessez de bouger», «Restez chez vous», «On va apporter de l'eau». Partout des groupes portant des baluchons sur la tête errent à la recherche d'un endroit sûr et d’un peu d’aide.
A la crainte des répliques s'ajoute celle de la nuit car la ville est plongée dans le noir faute d'électricité. Les sinistrés sont ainsi exposés aux voleurs. Des milliers de personnes ont choisi de se regrouper sur le grand parc du Champ-de-Mars, transformé en un immense dortoir à ciel ouvert.
Une situation médicale alarmante
Le plus grand hôpital du pays, l'Hôpital général de L'Université d'État, a été fortement endommagé. Les victimes sont regroupées dans les jardins, ou sur des brancards souvent à même le sol. L’hôpital manque de personnel médical face à l’afflux des victimes, et de médicaments et matériel médical de base. Le bloc opératoire est fermé. Le générateur ne tourne plus faute d’essence.
Plusieurs tentes de soins d’urgence ont été installées par l’aide internationale et de nombreuses victimes sont prises en charge. La plupart présentent des fractures, des brûlures, des traumatismes graves liés au séisme.
La situation sanitaire menace de s’aggraver de jour en jour. L’eau potable manque, ainsi que la nourriture et les abris.
Sources : AFP, le Figaro, le Monde, US Geological Survey, CNN.
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